Les Pays-Bas invitent les lanceurs d’alerte à s’exprimer grâce à Publeaks

Alors qu’Edward Snowden est toujours exilé en Russie après ses révélations sur la NSA, un nouveau site a fait son apparition aux Pays-Bas, tentant d’imiter l’approche du whistleblower américain. Publeaks entend donner une voix aux lanceurs d’alerte néerlandais à travers une plateforme anonyme et sécurisée, les mettant en relation avec les médias traditionnels.

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Publeaks n’est pas une copie de WikiLeaks émigrée aux Pays-Bas. Le site se dit être un lien entre les journaux et les potentiels lanceurs d’alerte qui auraient des informations à partager. Lancé en septembre 2013, à l’initiative de 15 médias néerlandais, dont Algemeen Dagblad, De Correspondent ou encore RTL-Nieuws, Publeaks est d’abord issu de Globaleaks, un logiciel libre tout droit sorti de l’Hermes Centre for Transparency and Digital Human Rights. Le site néerlandais permet à chacun de se connecter de façon sécurisée et anonyme et de mettre en ligne des documents sensibles ou “relevant de l’intérêt public”.

Question d’anonymat

C’est grâce ou à cause, selon si on considère cette pratique positive ou à l’encontre de la démocratie, du logiciel Tor que les lanceurs d’alertes peuvent télécharger des images, documents ou vidéos qu’ils jugent de nature à être publiés. Une fois la mise en ligne, les whistleblowers peuvent sélectionner les médias qui auront accès à ces ressources. Le site met en garde l’utilisateur des potentiels risques tant sociaux que techniques du téléchargement d’informations jugées délicates. “Avant de télécharger des informations, vous devez réaliser ce qui peut et qui va arriver à l’information que vous avez envoyée et comment elle peut être publiée. Vous pouvez vous poser les questions suivantes dans ce contexte: Êtes-vous la seule personne ayant accès à l’information que vous avez envoyée? L’information vous est-elle donc directement attribuable ? Pouvez-vous gérer la pression qui proviendrait de toute investigation concernant ces révélations?” peut-on lire sur le site.

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Les fondateurs de Publeaks assurent que l’information est transmise de manière absolument anonyme, via le logiciel libre Tor, un réseau informatique mélangé permettant l’anonymat des flux envoyés. Aussi, Publeaks n’a pas accès à ces informations, il n’en est que le relais entre l’utilisateur et les médias associés. Cependant, d’autres épisodes nous ont montré que la sécurité informatique est loin d’être fiable à 100%. En effet, le site a été victime d’un attaque de spams en octobre dernier. D’où le message de prévention sur l’une de ses pages, expliquant que chaque ordinateur, téléphone ou appareil connecté à Internet laisse des traces et que certaines pratiques peuvent être adoptées pour minimiser les risques de traçage.

Un site qui ne fait pas l’unanimité

Si Publeaks est, selon ses fondateurs, le premier site lanceur d’alerte sécurisé et résultant de la collaboration de plusieurs médias à l’échelle d’un pays, certains ont préféré ne pas y prendre part. C’est le cas de De Telegraaf, l’un des plus grands quotidiens néerlandais, et de Elsevier, magazine hebdomadaire. Son rédacteur en chef, Arendo Joustra, expliquait: “Les lanceurs d’alerte peuvent certainement venir vers nous. Il est assez étrange de se dire que des gens qui peuvent tout balancer dans la rue sont des bonnes personnes. Cela donne une bonne raison à ceux qui veulent transgresser les règles. Je pense aussi que les médias sont plus forts dans la compétition plutôt que dans la collaboration.”

Si ces deux médias n’ont pas voulu faire partie du projet néerlandais, cela n’a pas empêché Globaleaks de se développer. D’autres plateformes de lancement d’alerte ont vu le jour en Europe, comme en Italie avec Irpi, qui encourage le journalisme d’investigation ou en Serbie avec le site Pistaljka, qui vise a lutter contre la corruption.

 

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